Le GR20 :
15 ans pour murir un projet, 1 an pour s'y préparer !
L'origine
Tout est né un jour de juillet ... 1999 ! 15 ans avant notre périple ...
Catherine et moi atterrissions en Corse avec Barbara, Aurélie et Marion avant que Mélanie ne nous y rejoigne un peu plus tard.
Notre point de chute : un bungalow en bordure de mer non loin de Solenzara sur la route des nacres. Rien ne me prédisposait à m'engager un jour sur un trek, quel qu'il soit, alors que je ne pratiquais plus de sport depuis de nombreuses années et que je ne connaissais presque pas la Corse et moins encore son mythique GR20.
Mais un matin, mon cousin corse vint me chercher au bungalow pour m'emmener de bonne heure à la découverte de Bavella et ses superbes aiguilles.
Le parcours qu'il me fit faire dans sa voiture est encore tout frais dans ma mémoire. Mais ce qui retint plus encore mon attention c'est cette marque rouge et blanche, non loin de la statue de Notre-Dame-Des-Neiges au col de Bavella : celle du GR20.
Aujourd'hui encore je ne saurais expliquer pourquoi l'évocation de ce sentier me troubla autant, mais je sus qu'elle allait m'obséder jusqu'à ce que, un jour ou l'autre, je m'engage dans cette formidable randonnée.
Année après année, au fil de mes retours sur l'île de beauté, je repensais à ce moment et à la promesse que, peut-être inconsidérément, je m'étais faîte.
Et c'est un autre challenge, en 2010, qui m'ouvrit les portes de cette perspective. Cette année là, après un an d'entraînement sérieux, je courus mon premier marathon. D'autres suivirent ensuite qui contribuèrent à me créer une bonne condition physique, indispensable pour le GR20. Il restait cependant à me préparer convenablement pour un effort bien différent de la course à pied et à fixer une date pour ce défi. Ce fut juillet 2014.
Et c'est là qu'un second coup de pouce du destin donna à ce projet une dimension encore plus exceptionnelle. En 2013, j'ai parlé de mon projet à ma nièce Aurélie, une passionnée de randonnée. Son enthousiasme fut immédiat ... et redoubla lorsque je lui proposai de m'accompagner.
En un instant, le GR20 devint bien plus pour moi qu'un simple itinéraire de Grande Randonnée !
La préparation
Pour la préparation, Aurélie et moi avons porté notre attention sur 4 domaines : le parcours, le physique, l'équipement et la diététique.
- Le parcours
Achat de l'indispensable TopoGuide du GR20. Complet, clair et peu encombrant, il a été notre compagnon de préparation et, plus tard, de randonnée.
Nous avons décidé, Aurélie et moi, de respecter les 16 étapes préconisées quitte à en modifier certaines en cours de route si les conditions le nécessitaient. Nous ne le savions pas à ce stade, mais c'est exactement ce qui allait se passer !
Nous avons lu aussi attentivement tous les conseils relatifs à l'alimentation et à l'hébergement. Ce dernier point est particulièrement important car même si l'on marche en autonomie (avec tente et réchaud) il est fortement recommandé de faire étape à proximité des refuges pour respecter la nature.
Les étapes sont très bien décrites dans le guide et leur lecture permet d'apprécier les difficultés à surmonter.
Bilan : Le topoguide, aidé parfois par le GPS rando, s'est avéré quasi parfait pendant tout le trek.
- Le physique
Nous avons apporté un soin particulier aux exercices réguliers à la maison, au footing, aux randonnées préparatoires et à la diététique.
a/ Exercices réguliers
Le but était de renforcer les parties du corps les plus sollicitées comme le dos et les jambes. Pour ma part, j'ai repris quelques exercices trouvés sur le net et vous les livre ICI
b/ Footing
En ce qui me concerne, cet aspect de la préparation s'est mis en place naturellement puisque, pour mes marathons, je courais déjà très régulièrement. Aurélie s'est astreinte à courir aussi régulièrement que ses occupations professionnelles le permettaient.
Notre recommandation : au minimum deux footings par semaine, quelques mois avant le départ, sur des distances de 10km environ. Inutile de chercher à battre des records de vitesse. L'important est la régularité.
c/ Randonnées préparatoires
Chacun de nous s'est d'abord appuyé sur son environnement immédiat. Pour ma part, la forêt de Fontainebleau a été un terrain de jeu idéal.
Nous avons aussi réalisé deux randonnées ensemble : la première dans le Pilat (région stéphanoise vers Rochetaillée) sur une journée, la seconde dans le Vercors sur deux jours.
Au Pilat , le but était surtout de tester nos vêtements et chaussures (nous avons été servis car il a plu puis neigé). Bien m'en a pris car, alors que mes chaussures neuves avaient avalé les kilomètres, sans problème, en forêt de Fontainebleau, elles ont martyrisé mes pieds sur les parcours plus accidentés du Pilat, nous contraignant à raccourcir notre randonnée (plus de 7 heures quand même). De retour chez moi j'en ai acheté d'autres plus souples qui s'avèreront parfaites autant pour le Vercors (autour d'Autrans) que pour le GR20 plus tard.
Bilan : Je suis heureux de ne pas avoir tenté le GR20 en me fiant uniquement à mes entraînements de course à pied. La marche, surtout en montagne, sollicite les muscles différemment et il m'a été utile d'apprendre à randonner sac au dos. Nos sachets d'alimentation ont été pleinement validés.
- L'équipement
Nous avons porté une attention particulière à nos sacs à dos (respirants et confortables), à la tente (MSR Carbon 3) dont nous voulions qu'elle soit spacieuse et légère, aux duvets assez chauds pour supporter les nuits froides sans être trop lourds à transporter. Dans le Vercors, nous avons marché avec tout ce que nous comptions prendre sur le GR20 et évalué ainsi, en conditions réelles, le poids du sac. Nous pensions n'avoir gardé que l'essentiel ... à tort !
Bilan : sur le GR20, les sacs se sont avérés très (trop) lourds. Près de 22kg pour moi et plus de 16kg pour Aurélie. Ca nous a servi de leçon pour les treks des années suivantes. On a réduit les vêtements de moitié, limité au strict minimum le petit matériel et emporté une tente plus légère. Les sacs sont alors redescendus à 15kg pour moi et 11kg pour Aurélie. D'autres randonneurs voyagent encore plus légers.
- La diététique
Pendant cette phase préparatoire, nous avons progressivement réduits les sucres rapides au profit des plus lents et privilégié les viandes blanches. Nous avons aussi accoutumé notre corps à l'absorption des aliments déshydratés.
Bilan : Nous avons bien supporté notre alimentation en poudre mais l'avons régulièrement complétée par des produits plus classiques (et meilleurs) achetés dans les refuges. Néanmoins, j'ai failli devoir abandonner le GR20, un peu après la mi-parcours, en raison de violentes douleurs à la cuisse. Pour un marathonien c'était assez inattendu et inquiétant. Pour le médecin, consulté à l'hôpital de Corte, les douleurs étaient dues à une tendinite, dont l'origine était, selon lui, un excès de consommation de charcuterie ... corse !!!
En résumé : vigilance sur l'alimentation !