Le GR20 :
une aventure XXL

Le 8 juillet 2014, un an après avoir imaginé, muri et préparé notre projet, nous prenions l'avion à Orly pour rejoindre la Corse.
Ce fut une aventure sportive et humaine exceptionnelle !

Découvrez d'abord comment est né ce projet et comment il a été préparé en cliquant sur ce lien : Origine et préparation

Puis cliquez sur les images ci-dessous pour accéder aux photos qu'Aurélie et moi avons prises durant notre GR20.

Notre GR20 en images

Cliquez sur chacune des images ci-dessous pour parcourir le GR20 avec nous et découvrir les paysages qui nous ont enchantés.

1/  de Calenzana à Ortu di u Piobbu

Après 2 jours d'attente à Calvi en raison des conditions météo, nous voici à Calenzana devant le panneau du célèbre GR20.
L'étape nous a marqués dans sa première moitié par les vues superbes sur la Méditerranée, à mesure que nous montions vers le sommet. La seconde partie, plus raide, nous a confrontés à quelques passages délicats que nous avons franchis sans encombre mais non sans appréhension.

2/  de Ortu di u Piobbu à Carrozzu

Plus que la veille, cette étape nous a plongés dans un univers minéral exigeant pour les jambes et les bras. Des montées abruptes, le sentier qui se perd périodiquement sous d'énormes rochers et qu'on retrouve après d'inconfortables contorsions.
Et puis, une descente interminable vers Carrozzu qui, sous une chaleur torride, a fait gémir nos genoux et ... nos orteils dans les chaussures ! Nous avons atteint le refuge parmi les premiers ce qui nous a permis de choisir un excellent emplacement pour la tente.

3/  de Carrozzu à Ascu Stagnu

C'est par la passerelle de Spasimata que nous avons lancé notre troisième étape. Suspendue quinze mètres au-dessus du ruisseau qu'elle enjambe, la passerelle est incontournable lorsqu'on est engagé sur le GR20. Un peu plus loin, nous atteignons Bocca Muvrella après avoir admiré quelques sublimes panoramas. Tout au long de la journée, les nuages bas joueront avec les sommets alentour, nous faisant craindre parfois d'être coupés du monde. Mais le soleil nous accompagnera finalement jusqu'à Ascu Stagnu où nous ferons quelques provisions, après avoir planté la tente.

4/  de Ascu Stagnu à Tighjettu

En quittant notre bivouac, Aurélie et moi savons que cette étape sera probablement la plus difficile de toutes. Mais saurons-nous la franchir, tant les passages délicats et dangereux sont nombreux lorsqu'on atteint Bocca Tumasginesca. C'est en effet ici qu'on s'engage dans le redouté cirque de la solitude. Nous avons été parmi les derniers à pouvoir l'emprunter puisque l'année suivante, un accident mortel sera à l'origine de sa fermeture et à une déviation. Arrivés à Tighjettu, nous sommes très fiers d'avoir franchi cet obstacle et, pour ma part, je suis admiratif devant Aurélie pour la façon dont elle fait face, courageusement, aux ampoules qui garnissent ses pieds ! 
Enfin, nous n'oublierons pas de sitôt la rasade surprise, bien forte, que le patron du refuge nous fera "déguster" comme à tous ceux qui atteignent son espace. On a bien rigolé !

5/  de Tighjettu à Ciottulu di i Mori

Après le soleil des quatre premiers jours, ce sont la pluie et le froid qui accompagnent nos pas durant cette étape. Pas de difficulté aujourd'hui et toujours de bien beaux paysages.
Et puis, un peu après la mi-parcours, nous avons enfin rencontré les mouflons que nous espérions observer depuis le départ. Leur agilité dans les pentes escarpées contraste durement avec notre démarche bien plus lourde. Nous les quittons à regret mais la détérioration météo nous oblige à accélérer le pas. Lorsque nous atteignons le refuge, il pleut vraiment fort et nous nous hâtons de monter la tente.

6/  de Ciottulu di i Mori à Manganu

"Après la pluie, le beau temps", dit-on. Adage vérifié ce matin.
Une famille de mouflons nous regarde partir tandis que la lune nous fait un dernier clin d'œil. Un peu plus loin nous croisons le chemin de sangliers sauvages pas du tout effarouchés devant les deux bipèdes qui empiètent sur leur territoire. Cette étape aura été très très longue (près de 12h de marche) et marquée par la rencontre, sur un sentier très étroit, d'un muletier venu approvisionner les refuges. Nous sommes aussi restés en admiration devant des chevaux broutant en liberté à proximité d'un petit lac magnifique.

7/  de Manganu à Petra Piana

Depuis que nous avons quitté Calenzana, il y a presqu'une semaine, nous sommes émerveillés par les paysages mais ce jour-ci l'émerveillement est au sommet en atteignant Bocca a le Porte. Les lacs d'un bleu profond illuminent les façades arides de la montagne. Nous sommes sous le charme. Un peu plus loin quelques passages délicats nous ramènent sur terre et requièrent toute notre attention. A midi, nous faisons sécher la tente en l'étendant sur un gros rocher et ... je manque de précaution et déchire par endroit la toile extérieure. Nous ne le savons pas encore mais cet incident aura une répercussion inattendue et désagréable sur notre périple. C'est aussi aujourd'hui que nous traversons nos premiers névés. Le bivouac du soir est à l'image de l'étape : superbe !

8/  de Petra Piana à Onda

Le hasard fait parfois bien les choses. C'est sur des sentiers très ombragés la plupart du temps, que nous déroulons ce qui est à ce stade la plus chaude journée de notre GR20. Nous longeons, ou traversons, de nombreux petits cours d'eau ou cascades qui contribuent à nous rafraichir. A mi-chemin, nous faisons halte dans une bergerie pour déguster quelques produits faits maison. Réconfortant ! Contrairement aux jours précédents, le parcours est rarement accidenté et ... c'est heureux. Depuis le matin je souffre d'une forte douleur à la cuisse droite et apprécie de marcher sur un faible dénivelé. Le refuge de Onda, où nous arrivons assez tôt, est étonnant. Les tentes sont plantées à l'intérieur d'un enclos tandis que chevaux et brebis gambadent librement autour. La raison en est que ce secteur est très fréquenté par les sangliers, et l'enclos nous offre une protection précieuse pendant la nuit.

9/  de Onda à Corte

En quittant Onda ce matin, je fais grise mine et boite bas. La douleur à la cuisse est plus vive encore que la veille et me fait craindre de devoir renoncer à achever notre périple, entraînant alors Aurélie dans cette galère. Nous décidons de rejoindre la "gare" de Savaggio pour prendre un petit train en direction de Corte. Une fois là-bas, direction les urgences de l'hôpital où je suis pris assez rapidement. Finalement, pas de lésion musculaire, juste une forte tendinite. Le médecin me prescrit des emplâtres à garder toute la journée jusqu'à la fin du GR et m'encourage à reprendre la marche après deux jours de repos. Nous plantons la tente au camping de Corte. Cette mésaventure n'a pas que des mauvais côtés. Nous allons nous reposer et profiter de l'occasion pour faire un vrai repas le soir. Top !

10/  de Corte à Cozzano (via Ajaccio)

Ce matin, départ en car pour Ajaccio d'où nous rejoindrons Cozzano afin de retrouver le GR20. Avant de monter dans le car, nous dégustons un délicieux Fiadone (je recommande vivement). Dans Ajaccio, le marché bat son plein et nous offre un peu de distraction avant qu'il soit l'heure de prendre place dans le petit véhicule qui nous emmènera à Cozzano. Nous avons hâte de reprendre notre marche même si je ne suis pas encore débarrassé de ma douleur.

11/  de Cozzano à Usciolu

C'est une très courte étape que nous réalisons aujourd'hui jusqu'à Usciolu. Tant mieux je vais pouvoir reposer encore un peu ma jambe. Etre arrivés tôt devant le refuge nous permet de choisir ce qui nous semble être le meilleur emplacement. Il y a un petit côté "bout du monde" ici qui nous va bien. Pour passer le temps nous sortons nos dés et enchainons des parties de iams en attendant l'heure du diner. Ce soir, grâce au propriétaire du refuge nous allons déguster les pâtes qu'il a préparées et que je fais réchauffer sur notre réchaud. Un régal !
Il fait très froid et nous plongeons vite dans nos duvets.

12/  de Usciolu à Matalza

Nous venons de vivre une nuit infernale. Une tempête s'est brusquement levée vers 2h du matin et la violence du vent a brisé l'armature de la tente. Tout s'est affaissé sur nous pendant notre sommeil. Le réveil a été brutal. Le temps de nous extirper de la toile et l'on s'est retrouvé dehors face à des vents déchaînés et une toile battant l'air à la manière d'une voile. C'est là que je me suis maudit de ne pas avoir été plus précautionneux quelques jours plus tôt lorsque je l'ai fait sécher. Tant bien que mal nous réparons l'armature et la toile avec du strap et retournons dans l'abri dorénavant précaire de la tente. Nous passons le reste de la nuit assis, tenant l'armature en ses points les plus fragiles tandis que la tempête continue à nous secouer par rafales. Vers 6h nous quittons le refuge après y avoir laissé dans les poubelles notre tente devenue inutilisable. Le vent est toujours très violent et nous bloque au moment de franchir une arête. Nous restons quelques moments allongés le long de la montagne avant de profiter d'une courte accalmie pour repartir. Deux heures plus tard le temps est devenu plus serein et ... nous aussi. C'est un vrai bonheur d'atteindre le refuge de Matalza où nous louons une grande tente et profitons d'un bel accueil du propriétaire. 

13/  de Matalza à Asinau

Après les conditions extrêmes de la veille, cette journée nous semble particulièrement tranquille. Le soleil est revenu. Nous marchons à découvert la plupart du temps ce qui nous permet d'apprécier un panorama à 360°. Le plus marquant finalement est le refuge d'Asinau. Nous avons pris soin de l'appeler dans la matinée pour retenir une tente. L'installer nous fait beaucoup rire de même que, en soirée, l'arrivée de vaches en quête de contact humain. La vue lointaine des aiguilles de Bavella nous ravit en même temps qu'elle dépose sur nous un voile de mélancolie. Dans deux jours nous aurons achevé cette belle aventure !

14/  de Asinau à i Paliri

La douleur à la cuisse est revenue et je traine un peu la patte lorsque nous quittons Asinau. Tout au long de la journée les aiguilles de Bavella nous serviront d'horizon. C'est un bonheur de marcher sous un soleil aussi radieux. Tout nous est prétexte à rire, à sauter, à nous enthousiasmer. Il est vrai que le sentier dévoile une fois encore de splendides paysages. Peu avant Bavella, nous sommes confrontés à ce qui sera la dernière difficulté de notre GR, une longue et rude montée au milieu de blocs de pierres instables. Arrivés devant le panneau du col, je sens l'émotion me gagner. C'est ici que quinze ans plus tôt j'ai posé les bases de cette aventure que nous nous apprêtons à conclure. La pluie de l'après-midi ne parvient pas à doucher notre plaisir et nous atteignons i Paliri trempés mais heureux. Une dernière fois nous louons une petite tente et goûtons chaque instants de notre ultime soirée sur le GR20. 
Nous garderons toujours en mémoire l'échange téléphonique que nous avons eu, ce soir-là, avec ma maman (la mamie d'Aurélie) qui nous quittera quelques semaines plus tard.
Nous l'embrassons très fort !

15/  de i Paliri à Conca

Il ne pouvait y avoir plus beau début de dernière étape. A peine levés, nous sortons nos appareils photo de leurs sacoches pour immortaliser le cadeau que le soleil nous fait. Même en rêve je n'aurais pas imaginé bénéficier d'un tel moment de grâce.
En marchant ensuite vers Conca, nous sommes partagés entre l'envie de forcer le pas et celle de le ralentir.
Le forcer pour retrouver plus vite nos cousins chez qui nous passerons les trois prochains jours (un immense merci à eux pour leur merveilleux accueil).
Le ralentir pour prolonger le plaisir que nous avons pris ensemble, Aurélie et moi, durant ces quinze jours exceptionnels de pur bonheur. Atteindre Conca nous laisse sans voix mais c'est avec fierté que nous posons devant le panneau qui salue notre performance.
                                       Tchin, Tchin ma nièce !